Dans une TPE spécialisée dans les textiles techniques, la salariée en charge notamment des tâches commerciales maîtrisait déjà de nombreuses compétences, mais sans toujours disposer des réflexes commerciaux nécessaires pour sécuriser les ventes, proposer des alternatives ou structurer les relances. Pour la dirigeante, transmettre son savoir-faire tout en préservant son ADN commercial était un enjeu clé pour stabiliser l’activité.
Ce plan de montée en compétences a permis de clarifier ce que la salariée savait faire, ce qu’elle faisait partiellement, ce qu’elle ne faisait pas encore, et ce qui relevait de l’intuition commerciale de la gérante, plus difficilement transmissible.
Une formalisation des compétences détenues par la gérante a d’abord servi de base pour construire un parcours progressif, adapté et directement intégrable dans le quotidien de l’entreprise.
Avant de construire le plan de transmission, il a été ainsi nécessaire de rendre visibles les pratiques commerciales de la gérante, jusque‑là portées par l’expérience, l’intuition et une maîtrise non formalisée. Son savoir‑faire existait dans l’action, mais n’avait jamais été décrit ni structuré. La première étape a donc consisté à formaliser point par point ce qu’elle fait réellement : qualification du besoin des clients, adaptation des offres au client, arbitrages parmi un choix de fournisseurs en lien avec les délais et les prix, la gestion de la relation commerciale, ou encore la capacité à « capter » des informations implicites qui orientent la manière de répondre et les propositions commerciales.
Cette formalisation a permis de distinguer les gestes techniques, relationnels, organisationnels, émotionnels et implicites, et de préciser ce qui était transmissible, ce qui demandait un accompagnement, et ce qui relevait de son ADN métier.
À partir de cette analyse, chaque compétence a été vérifiée dans la pratique commerciale de la salariée, Ce croisement a permis d’identifier, dans sa pratique, les gestes maîtrisés, partiels et absents. La salariée dispose dans les faits d’une base solide : reconnaissance des matières, association matière‑activité, gestion des commandes simples, suivi logistique, accueil, reformulation dans les situations simples, rigueur organisationnelle. D’autres compétences sont présentes mais incomplètes : proposition d’alternatives, communication des délais, gestion des hésitations, suivi commercial, adaptation fine au client. Certaines compétences de la gérante relèvent de gestes fins et plus difficilement transmissibles (orienter un client hésitant sans pression; proposer ou relancer au « bon moment », comprendre rapidement le « type » de client à partir de micro‑signaux lus en instantanés; trouver une solution quand une demande sort du cadre…).
Ces pratiques, très efficaces dans le quotidien de l’entreprise, reposent sur l’intuition et l’expérience de la gérante. Aussi, ne peuvent-ils pas être transmis tels quels, mais doivent être au préalable repérés et reformulés avec des verbes d’action clairs, pour que la salariée comprenne comment les adapter.
Ce travail en co-construction avec la gérante a donc permis de construire un plan de transmission réaliste, progressif et adapté. Les compétences faciles ont ainsi été positionnées en premier, les compétences intermédiaires intégrées dans un parcours de pratique accompagnée, et les compétences plus difficiles placées plus tard dans le processus. Les gestes « non transmissibles » ont été reconnus comme faisant partie de la signature de la gérante, sans obligation de reproduction.
Enfin, un nouveau bloc de compétences « proactives » a été créé. Il ne s’agissait pas de compétences existantes, mais de gestes commerciaux à développer spécifiquement dans un contexte de crise : relancer les clients, vérifier la satisfaction, demander des recommandations, activer les contacts utiles. Ce bloc complète les compétences déjà maîtrisées et permet d’équiper l’entreprise de pratiques commerciales essentielles pour maintenir et développer l’activité dans une période où les opportunités ne viennent plus naturellement.
Cette démarche a sécurisé la montée en compétences de la salariée en installant une continuité visible dans le service clients, cohérente avec la signature commerciale de l’entreprise. Elle a aussi permis de développer les compétences commerciales indispensables à la survie de l’activité, en concentrant la transmission sur les pratiques qui viennent soutenir le chiffre d’affaires dans un secteur en crise.
Dans une TPE d'un secteur en crise , la montée en compétences de la salariée a été structurée à partir des compétences détenues par la gérante.
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